L’homme à l’origine de la brasserie de Tonoike Shuzoten s’appelle Itsugoro Tonoike. Il nait en 1904. Cinquième garçon de la brasserie familiale de Tonoike Sogoro Shoten, il s’en détache très jeune pour fonder sa propre unité. C'est l’histoire de la kura originelle, comme celle nombre de brasseries de saké à Tochigi d’ailleurs, qui est fort intéressante. Elle fût créée par une famille issue d’un groupe de travailleurs venant de la lointaine localité de Shiga, les « Oomi Shonin ». Leur apparition remonte à 1590, date à laquelle Hideyoshi Toyotomi envoie un Daïmyo du nom de Ujisato Gamo depuis Oomi, vers Fukushima. Celui-ci est accompagné de nombreux artistes, hommes de sciences (les shokunin), et de marchands ; la mission qui lui est confiée par Toyotomi est de rendre l’Ouest du Japon plus actif, en créant des liens commerciaux avec l’Est. Au fil du temps, certains des membres de ce groupe vont établir demeure à Tochigi et commencer à fabriquer du saké. C’est ainsi qu’un nouveau style voit le jour dans la région, basé sur les techniques propres aux savants d’Oomi, et entouré de secrets que seuls les marchands connaissent.

Brasserie de saké de Tonoike Shuzoten

La famille Tonoike, issue des Oomi Shonin, fonde la kura originelle de Tonoike Sogoro Shoten (celle-ci fonctionne toujours d’ailleurs). Mais Itsugoro Tonoike l’a dirigée seulement dans sa jeunesse, avec son frère, car il décide en 1937 de s’installer dans la ville voisine de Mashikoe pour brasser seul, au sein de sa propre de Kura, Tonoike Shuzoten. 

A l’heure actuelle, leur cuvée principale s'appelle Sanran, mais depuis peu, une série spéciale mérite une attention toute particulière. Appelée «bo:», elle correspond à un nouveau défi dans leur histoire… et peut-être aussi dans l’histoire brassicole en général.

Brasserie de saké japonais de Tonoike Shuzoten

UNE PISTE VERS LE SAKÉ DE DEMAIN ?

Les sakés « bo: » sont les cuvées spéciales de la maison Tonoïke. De cette série, nous avons sélectionné le Tokubetsu Junmaï et le Junmaï Ginjo, des sakés qui ont immédiatement retenu notre attention tant ils nous ont confronté à une sorte de paradoxe gustatif. En effet, leur style est unique dès la mise en bouche : on note la fraîcheur, mais surtout la discrétion des arômes... Pourtant ceux-ci sont clairs, bien présents, voire étrangement vigoureux. Une sensation étonnante pour un saké qui globalement apparaît discret tout en étant porteur de saveurs remarquablement différenciées !

C’est à dessein que cette série a été imaginée, des saveurs maîtrisées pour de ne pas perturber l’équilibre des plats et faire en sorte que le saké corresponde à un accompagnement légèrement en retrait, mais doté d'un caractère affirmé. L’association avec les mets procure une expérience gustative complètement nouvelle, presque addictive !

Son nom, « Bo: », signifie « regarder au-delà », c'est l’histoire de la série, une piste vers ce que pourrait être le saké de demain.

Saké Japonais bo: de la brasserie Tonoike Shuzo

Bo: Tokubetsu Junmaï
Un saké produit à partir de riz Misayama Nishiki. La bouche est claire, tranchante, et pleine de fraîcheur. L’acidité est marquée, les arômes riches ne troubleront pas le repas et il convient donc sur toute sa longueur. Température recommandée 15 ℃. 
Un Tokubestu Junmaï très net, parfait pour accompagner votre repas !
72cl - alc. 16% vol. 34€

Bo: Junmaï Ginjo
De belles notes de Ginjo, des saveurs fruitées aux parfums d'agrumes, de pamplemousse, d’orange sur une acidité marqué et un remarquable équilibre avec la douceur du riz. Température de dégustation recommandée de 15°C.

Beaucoup de fraîcheur pour ce saké, sur des notes fruitées d'agrumes
72cl - alc. 16.5% vol. 38€